Juliette part à Saint-Malo. Elle va voir ses parents qui habitent en Bretagne. Il faut qu’elle passe plusieurs mois à la mer, loin de son mari qui va à la guerre. On est dimanche après-midi, à la Gare de l’Est, à Paris. Juliette attend un train avec son mari Nicolas. Nicolas reste à Paris. Il va rejoindre Juliette à condition que la guerre finisse bien pour les Français…
Nicolas : Juliette, ton train arrive. Il faut que tu partes maintenant. Il ne faut pas que tu restes ici.
Juliette : Oui, il faut que j’y aille, mais franchement, je n'en ai pas envie… Je ne veux pas partir. Je ne veux pas qu'on soit séparés si longtemps…
Nicolas : Mais non, il est possible que je vienne dans quelques mois. Allez ! Sinon tu vas finir par rester à Paris. Pour moi, ce n’est pas grave, j’aimerais bien que tu restes, mais tu seras seule à la maison et la guerre… Allez, sinon, ton train partira sans toi.
Juliette : Rater le train pour Saint-Malo... Ah ! Je ne crois pas que ce soit grave. Penses-tu que la guerre finisse bientôt ?
Nicolas : Je ne crois pas qu'elle finisse bientôt. Ma chère Juliette, à Saint-Malo tu seras avec tes parents. Je te rejoins bientôt. Il faut que je sois à Paris jusqu’à ce que la guerre finisse. Je veux que tu sois à l'abri de cette situation affreuse.
Juliette : Il faut vraiment qu’on se quitte ? Il faut vraiment que je parte toute seule ?
Nicolas : Oui. Promets-moi que tu m'attendras jusqu’à ce que je revienne de la guerre. Nous allons nous écrire !
Juliette : J’aurais tellement aimé qu'on soit ensemble, mon chéri. Tu veux que je parte sans toi... Et moi, je ne veux pas qu’on soit si loin, l’un de l’autre... Je crains que tu ne reviennes plus jamais.
Nicolas : Ne craint rien ma chère aimée... Il faut que j’y aille...
Juliette : Oui, c’est ça, il faut que tu y ailles...
Nicolas : Allez, dépêche-toi ! Je veux que tu fasses attention à toi.
Juliette : Ah non, non… ! C’est moi qui veux que tu fasses attention à toi ! Moi, je vais me débrouiller. Mais je veux que tu te protèges, d’accord ? Je t’en supplie Nicolas… Soit en bonne santé !
Nicolas : Je trouve très important que tu sois loin de Paris. Je veux que tu m’écrives dès que tu arrives.